
En ce début d’année 2026, le tiers-lieu Bernard Kohn a choisi d’orienter une partie de ses actions vers le domaine de l’habitat participatif.
Ce choix n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une vision plus large de ce que nous souhaitons soutenir dans la société : des formes d’habiter plus collectives, plus conscientes, plus solidaires, capables d’apporter des réponses à la fois sociales, économiques, culturelles et territoriales.
Pour nous, l’habitat participatif ne se limite pas à une manière différente de se loger. Il ouvre une autre façon de penser le rapport au lieu, aux autres, à la gouvernance, aux usages, au partage des ressources et à l’ancrage dans un territoire. Il pose des questions très concrètes : comment vivre ensemble durablement ? Comment faire collectif sans s’épuiser ? Comment construire un projet à la fois réaliste, humain et cohérent avec les besoins de chacun ?
Cette orientation résonne profondément avec l’histoire du tiers-lieu Bernard Kohn, hébergé dans l’ancienne maison de l’architecte.
L’histoire de cette maison est intimement liée à celle de l’habitat participatif. En 1983 voyait le jour le Buisson Saint-Louis, souvent considéré comme le premier habitat participatif de Paris : un ensemble de 1200 m², né d’un long travail collectif entre Bernard Kohn et quinze familles. Après plus de 150 réunions, ce projet a permis de faire émerger des logements conçus à partir d’un dialogue réel entre architecture, usages et vie collective.
La maison qui accueille aujourd’hui le tiers-lieu a été rénovée en parallèle de cette réalisation. Elle partage avec elle plusieurs éléments architecturaux, mais aussi une même manière de penser l’espace : un espace à habiter, à transformer, à mettre en relation avec des usages collectifs. Il existe donc un lien historique, architectural et symbolique fort entre ce lieu et les questions portées aujourd’hui par l’habitat participatif.
Jacques et Léo, qui coordonnent aujourd’hui le tiers-lieu, ont choisi d’orienter une partie de son activité vers l’accompagnement de ce mode de vie émergent.
Ce choix part d’un constat simple : les collectifs de futurs habitants ont besoin de temps, d’espace, de recul et de qualité relationnelle pour faire avancer leurs projets. Or, il est souvent difficile de réfléchir sereinement lorsque l’on reste pris dans le quotidien, dans les contraintes habituelles ou dans des lieux peu propices au travail collectif.
Le tiers-lieu peut justement offrir un cadre adapté à cette étape. Il permet d’accueillir jusqu’à 10 personnes, dispose d’une salle de réunion pouvant aussi servir de salle de formation ou de projection, ainsi que d’un jardin de 150 m². Ce cadre rend possible un travail collectif à la fois concentré, apaisé et incarné.
Le fait de se retrouver dans un espace hors des habitudes du groupe permet souvent de déplacer le regard, de clarifier des problématiques, de faire émerger d’autres manières d’échanger et de renforcer la cohésion du collectif.
Ce que nous souhaitons soutenir, ce n’est pas seulement la naissance de nouveaux lieux de vie partagés. C’est aussi la qualité de la relation entre un collectif, un lieu et un territoire.
Nous faisons l’hypothèse qu’un projet d’habitat participatif ne tient pas seulement par sa solidité juridique, économique ou architecturale. Il tient aussi par sa capacité à faire vivre une intelligence relationnelle : écouter, décider, traverser les tensions, répartir les rôles, clarifier les intentions, construire une culture commune.
Dans cette perspective, notre ambition est de contribuer à l’harmonie entre un lieu, un collectif et son environnement. Cela suppose d’accompagner les groupes dans les différentes étapes de leur projet, depuis les premiers temps de structuration jusqu’aux enjeux de stabilité une fois l’habitat réalisé.
En avril 2026, nous avons eu le plaisir d’accueillir Habitat Participatif France, structure engagée dans l’accompagnement des habitats participatifs.
Cette présence est venue confirmer la pertinence de cette orientation. Elle renforce notre volonté de faire du tiers-lieu un espace ressource pour les collectifs, mais aussi à terme pour les professionnels qui les accompagnent : facilitateurs, architectes, accompagnateurs, médiateurs, acteurs de la coopération, de l’urbanisme et de la gouvernance partagée.




Nous proposons dès à présent des semaines de résidence de travail hébergée pour les collectifs de futurs habitants. L’objectif est simple : permettre à un groupe de venir travailler dans un cadre propice à la réflexion collective, à l’avancée concrète du projet et au renforcement du lien entre ses membres.
À terme, nous proposerons également plusieurs formats de semaines thématiques autour des besoins réels des projets d’habitat participatif : montage du projet, qualité de la gouvernance, coopération, ancrage territorial, organisation de la vie collective, ou encore consolidation du collectif dans la durée.
Nous souhaitons faire de ce lieu un espace utile, vivant et cohérent, capable de soutenir à la fois l’émergence de nouveaux projets et la pérennité de ceux qui existent déjà.