
Par Léo Durand, coordinateur de La Manufacture des Pays — 30 juin 2026
À La Manufacture des Pays, nous passons nos journées à faire : animer un atelier de tissage, accompagner des habitants dans la transformation d’un quartier, transmettre un geste, ouvrir les portes d’un tiers-lieu. Mais derrière chaque atelier et chaque rencontre, il y a une réalité que connaissent toutes les associations : on passe presque autant de temps à administrer qu’à faire ce qu’on aime.
Un outil pour les adhésions, un autre pour la comptabilité, un drive pour les documents, un tableur pour les inscriptions, une boîte mail qui déborde, et un site web qu’on n’a jamais le temps de mettre à jour. Cette dispersion, je la vis depuis dix ans comme coordinateur de tiers-lieu — et je l’ai vue chez plus de cinquante associations que j’ai accompagnées.
C’est de ce constat qu’est né Casaminga.
Casaminga, c’est la réponse à une question que beaucoup de collectifs se posent : et si on avait un seul outil qui unifie notre organisation, simplifie nos échanges, mesure notre impact, et permette aux gens de nous découvrir plus facilement ?
Pas un logiciel de plus. Au contraire : un socle commun, sobre, sans superflu, pensé par et pour les tiers-lieux, les écolieux et les habitats participatifs — ces lieux de vie habités qui font vivre nos territoires.
J’ai commencé à développer Casaminga en partant de nos propres besoins, ici, à La Manufacture des Pays. L’association en est l’éditrice et le premier terrain d’expérimentation. Aujourd’hui, Casaminga grandit pour devenir une plateforme de soutien aux associations et aux tiers-lieux : mutualiser les outils, donner de la visibilité aux initiatives locales, et renforcer le lien entre les lieux qui font ensemble.
Casaminga se décline en trois surfaces complémentaires. Chacune répond à un besoin concret.
admin.casaminga.com — l’outil de gestionC’est le back-office : l’espace où une structure pilote sa vie quotidienne. Adhésions, événements, espaces, dons, bénévoles, comptabilité — tout au même endroit. Sa force la plus distinctive : un module Subventions & Reporting d’impact. Quand on sait que près de la moitié des ressources du secteur associatif vient de fonds publics, pouvoir mesurer et raconter son impact n’est pas un luxe, c’est vital.
C’est la source de tout : ce qu’une structure crée dans l’admin devient ensuite visible et actionnable sur les autres surfaces.
casaminga.com — le portail publicC’est la vitrine nationale du réseau, et c’est le site que vous lisez peut-être en ce moment. Le grand public y découvre ce qui se passe près de chez lui — ateliers, rencontres, expositions, chantiers participatifs —, peut consulter la page de chaque lieu, et adhérer ou soutenir sans friction.
Tout ce que les structures créent dans leur outil de gestion devient ici public, lisible et accessible à toutes et tous. C’est l’esprit « découverte d’événements + adhésion associative », mais au service d’un même réseau de valeurs : les communs, l’entraide, les lieux habités.
sejour.casaminga.com — l’échange de séjoursC’est la plateforme d’hospitalité : un réseau d’échange de séjours entre habitats collectifs. Ici, on ne loue pas une chambre — on s’accueille. Un lieu de vie ouvre sa porte à un autre, et c’est la confiance qui circule, pas l’argent.
Inspirée des mécaniques de l’échange de maisons, mais transformée pour servir une logique de don et de lien, la plateforme permet de voyager de collectif en collectif, d’être accueilli par des gens qui partagent les mêmes valeurs, et de découvrir d’autres manières d’habiter. On y échange aussi bien des logements que des chambres ou de véritables immersions dans la vie d’un lieu.
Notre association croit depuis toujours au Faire, à la co-construction, à l’intelligence collective et au lien social. Casaminga est l’expression numérique de ces valeurs : un outil construit collectivement, qui rend visible le travail de terrain et qui tisse des liens entre les lieux plutôt que de les isoler.
En portant Casaminga, La Manufacture des Pays ne se contente pas d’utiliser un outil : elle contribue à en créer un commun, utile bien au-delà de nos propres murs — pour toutes les associations et tous les tiers-lieux qui, comme nous, veulent passer moins de temps à administrer et plus de temps à faire ensemble.